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Le Bio, l'arnaque du siècle?

  • 26 mars
  • 4 min de lecture

On peut se demander si l'alimentation biologique n'est qu'une vaste opération marketing de plus pour nous faire dépenser plus. Avant on ne mangeait effectivement pas BIO, ça n'existait pas et les gens vivaient bien. Mais pour une bonne raison: tout était "bio". La banalisation de la chimie dans les champs n'est arrivée qu' après la deuxième guerre mondiale où les engrais de synthèse s'imposent en France, tout comme les antibiotiques dans l'alimentation des élevages intensifs. L'alimentation d'aujourd'hui (comme la vie d'une manière générale) n'a plus rien à voir avec celle de nos aïeux. Par exemple, ils n'allaient pas faire leur courses aux supermarchés. Enfant, dans les années 1990, je me souviens être allée dans ces temples de la consommation, bien pratiques pour les femmes surtout, qui avec leur travail (première génération de femmes à généraliser l'émancipation financière mais pas encore la délégation des tâches ménagères) y voyaient un gain de temps extraordinaire dans le fait d' acheter aussi bien la nourriture pour le mois que les produits d'entretien pour la maison. Plus besoin de courir chez le boulanger puis le primeur puis le fromager etc. Les achats pour les besoins de vie quotidienne étaient réunies en un seul endroit. Un "progrès" pour l'époque, mais qui , au fil du temps, s'est avéré délétère pour notre santé.

Alors on peut se demander si l'alimentation biologique qui existe à courant de ces supermarchés depuis est-elle ou non, vraiment plus intéressante pour notre santé? Contrairement à certaines infox répandues par certains médias et journalistes, l'incidence sur la santé en faveur du biologique n'est plus à démontrer aujourd'hui, les études sont là et depuis un moment déjà. La réponse est donc oui, car d'une manière générale les gros consommateurs de bio ont un risque de cancer globalement réduit de 25% (Etude J.Baudry 2018).

-44% des aliments conventionnels contiennent au moins un résidu de pesticides, contre 6,5% des aliments biologique (EFSA 2018), le risque de surpoids est abaissé de 23% et de 31% pour l'obésité et de développer les maladies graves notamment cardio vasculaires, diabète "diminution de 35% du risque de diabète de type 2 ", des cancers (et notamment celui du cancer du sein chez la femme en post ménopause) etc etc.

La viande n'est malheureusement pas épargnée. Après avoir contaminé et rasé les sols des prairies d'Amérique du Nord et du Sud avec un herbicide à base de glyphosate, le soja transgénique est exporté vers l'Europe et donc la France par le port de Lorient entr'autre, destinés à nourrir nos animaux d'élevages intensifs (vache, poulets et porcs!) Donc à moins de manger de la viande bio, on ingurgite du glyphosate qui pour rappel, est associé un grand nombre de graves problèmes de santé (cancers, maladies graves du foie et destruction du microbiote, baisse de fertilité...)

Du coup consommer local ? Oui bien sûr! Mais du local arrosé de pesticides, non. En dehors de consommer moins mais mieux donc biologique, il y a pas mal de leviers pour que ça ne pèse pas trop sur le porte monnaie. Evidemment on ne le dira jamais assez , éviter les supermarchés qui ont des marges extravagantes, davantage encore sur les produits bio, on le sait. D'ailleurs le 21 mai dernier, la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et de la grande distribution a rendu public ses conclusions qui confirment que les enseignes appliquent des marges très faibles, sur les produits alimentaires ultra-transformés et les compensent par des marges très élevées par exemple sur les produits plus sains tels que les fruits et légumes frais et davantage sur les produits biologiques. En clair : Au supermarché: les produits sains subventionnent la malbouffe qui nous rend malade.

Un nuage à l'horizon tout de même: lorsqu'on étudie plus profondément la question, on se rend compte que le logo AB ou plutôt l'Eurofeuille (le logo de la feuille faites d'étoiles sur fond vert) n'est plus à elle seule une garantie suffisante: 95% des ingrédients garantis issus de l'agriculture biologique mais quid des 5% restants? agriculture non UE...) Ceci étant, il n'y a pas de produits chimiques contre plus de mille pesticides en conventionnel.

-Au delà du logo AB (qui n'a plus cours juridiquement) préférer les circuits courts et biodynamiques, ne pas avoir peur d'aller voir les petits producteurs près de chez vous, qui souvent n'ont pas les moyens de payer les labels BIO qui leur coûtent très cher à eux aussi. Posez-leur des questions, ils seront ravis de vous expliquer comment ils travaillent.

-Privilégier les labels comme Demeter par exemple .

-Ensuite et surtout, cuisiner des produits bruts, maison, à l'avance.

-On peut aussi se former à la cueillette de plantes sauvages, un gros plus pour garnir son assiette -offerte gratuitement par mère nature- pour la santé et le porte monnaie.

Donc le bio ça coûte plus cher, ça dépend déja de quoi on parle, mais les maladies coûtent assurément encore plus cher. D'une manière générale, s'informer, chercher les informations auprès de professionnels de la nutrition saine, reste la meilleure façon de préserver sa santé.E

SOURCES: . Association of Frequency of Organic Food Consumption With Cancer Risk Findings From the NutriNet-Sante Prospective Cohort Study ; Les aliments bio sont-ils bons pour la santé ? - Générations Futures ; EFSA 2018 Monitoring data on pesticide residues in food: results on organic versus conventionally produced food; Prix des fruits et légumes bio - La grande distribution persiste dans une politique de surmarge irresponsable - Action Que Choisir Ensemble - Que Choisir Ensemble; Voir ou revoir le film de Marie Monique ROBIN Le monde selon Monsanto (dispo sur sa chaine youtube) et Argentine : le soja de la faim



 
 
 

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